Comment le Shadow AI ronge la cybersécurité des entreprises belges

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Comment le Shadow AI ronge la cybersécurité des entreprises belges
L’utilisation de l’IA ne se fait pas toujours au grand jour. Près de la moitié des cadres belges reconnaissent l'utiliser sans en informer leurs collègues ou leur direction.

L’IA « fantôme » gagne rapidement du terrain. Une étude révèle que la plupart des décisionnaires belges utilisent secrètement la technologie au travail, et même avec des outils non autorisés. Pour les responsables de la sécurité IT, ce phénomène constitue une raison supplémentaire de s’arracher les cheveux. Analyse d’un paradoxe où la quête de productivité court-circuite la gouvernance.

 L’IA est partout et surtout de plus en plus hors de contrôle. Qu’il s’agisse de résumer de longs rapports ou de rédiger des e-mails et des présentations, l’intelligence artificielle s’est rapidement imposée dans le quotidien professionnel. 

Selon la nouvelle étude « European Digital Observatory », réalisée par l’Institut Bona Fidé pour le compte d’Inetum, la plupart des cadres utilisent désormais l’IA au sein de leur organisation. Mais pas toujours en conformité avec les règles qu’exige une bonne gouvernance en cybersécurité. 

Et pour cause, 47 % des cadres interrogés reconnaissent s’en servir au travail en dehors des cadres établis, tandis que 18 % des sondés vont jusqu’à recourir à des outils ou logiciels qui ne sont pas autorisés par leur employeur.  Dans le même temps, 6 cadres sur 10 s’inquiètent du risque de cyberattaques visant leur organisation. 

Thomas Breuer, General Manager d'Inetum en Belgique, commente les résultats de cette étude. « L’IA occupe désormais une place centrale dans le quotidien professionnel en Belgique puisque 7 cadres sur 10 (68 %) confirment que leur organisation utilise l’IA. Dans les grandes entreprises de plus de 250 collaborateurs, le taux d’adoption grimpe même à 76 %. Pour la plupart des organisations, il s’agit même d’une habitude fréquente : 59 % des cadres utilisent régulièrement l’IA au travail, soit au moins plusieurs fois par semaine, tandis qu’un sur quatre y a recours quotidiennement. Parmi les cadres de moins de 45 ans, ce chiffre atteint 30 % ».

 Des avantages évidents malgré les dangers en matière de gouvernance

 Trois quarts des utilisateurs belges de l’IA (75 %) estiment que celle-ci améliore leur productivité, tandis que 64 % considèrent qu’elle améliore leurs conditions de travail. Ces bénéfices ne sont toutefois pas perçus par tous. Un cadre sur quatre ne constate aucun impact, ce qui laisse entendre que de nombreuses organisations utilisent encore principalement l’IA pour des tâches élémentaires, plutôt que pour des applications plus stratégiques.

Et cela alors que l’IA « fantôme » pose un défi croissant en matière de gouvernance. « L’utilisation généralisée de l’IA ne se fait pas toujours au grand jour. Près de la moitié des cadres belges (47 %) reconnaissent utiliser l’IA sans en informer leurs collègues ou leur direction. Dans les entreprises de taille moyenne comptant entre 10 et 250 collaborateurs, ce chiffre atteint 55 % », déplore Thomas Breuer.

 Certains vont encore plus loin : près d’un cadre sur cinq (18 %) utilise des outils ou logiciels qui ne sont pas autorisés par son entreprise. Parmi les cadres de moins de 45 ans, cette proportion atteint 27 %. Et ce, alors même que six cadres sur dix (60 %) s’inquiètent du risque de cyberattaques visant leur organisation.

 Le rapport de l’European Digital Observatory (sondage réalisé auprès de 2.400 cadres et dirigeants dans quatre pays européens dont 600 en Belgique) met ainsi en lumière un paradoxe préoccupant. Si 60 % des décisionnaires bélges concernés par les enjeux de transformation numérique et d’intelligence artificielle se disent inquiets face aux risques de cyberattaques visant leur organisation, cette crainte ne les empêche pas de contourner les politiques de sécurité établies.

 « De nombreux collaborateurs reconnaissent les avantages de l’IA, mais ils l’adoptent souvent plus rapidement que les organisations ne sont capables de mettre en place des cadres clairs », explique Thomas Breuer, General Manager d'Inetum en Belgique. 

Et à ce dernier de conclure : « l’IA reste trop souvent cantonnée à des tâches élémentaires, comme la reformulation d’e-mails ou la synthèse de réunions. La véritable opportunité consiste à utiliser cette technologie pour prendre de meilleures décisions, diffuser les connaissances à plus grande échelle et renforcer la collaboration. Cela nécessite des lignes directrices claires, des outils fiables et une culture qui encourage l’expérimentation responsable, plutôt que de pousser l’utilisation de l’IA dans l’ombre ».

 

 

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