Comment une simple cyberattaque guidée par IA peut torpiller votre entreprise (podcast)

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Comment une simple cyberattaque guidée par IA peut torpiller votre entreprise (podcast)
L’IA peut transformer une boîte mail en une source d’informations interrogeable 

Des experts montrent comment des cybercriminels peuvent détourner un assistant IA pour commettre une « fraude au virement bancaire » à partir d’un seul compte piraté ... Et piller la trésorerie d’une entreprise. Décryptage avec Daniel Avulov, Senior Cybersecurity Researcher chez Barracuda.

Les comptes de messagerie dotés de fonctionnalités d’IA sont en passe de devenir la menace ultime des entreprises. Et pour cause, des experts de la société Barracuda démontrent, à travers une simulation d’attaque en laboratoire, comment des cybercriminels peuvent détourner un assistant d’IA pour commettre « une fraude au CEO » à partir d’un seul compte piraté au sein d’une entreprise et dérober un montant de 250.000 euros.

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Le plus intéressant dans cette expérience, c’est qu’elle a été réalisée à partir de l’assistant IA Copilot en utilisant uniquement des processus existants et parfaitement légitimes. Les experts en cybersécurité insistent sur le fait que la technique utilisée en laboratoire peut être appliquée à d’autres assistants d’IA.

 « Le principal risque lié à un compte piraté doté de fonctionnalités d’IA réside dans la rapidité avec laquelle un assistant d’IA peut aider les cybercriminels à retrouver des informations sensibles, à identifier des cibles, à rédiger des messages convaincants et à mener une attaque en utilisant les droits d’accès de la victime », explique Daniel Avulov, Senior Cybersecurity Researcher chez Barracuda.

 Scénario et déroulement de l’attaque

Le scénario est digne du film Hacker (Blackhat) de Michael Mann. À partir du compte piraté d’un collaborateur, les cybercriminels ont demandé de l’aide pour assurer leur persistance, en configurant des règles de boîte de réception afin de masquer à l’utilisateur les alertes de connexion et d’autres notifications suspectes. Ils ont ensuite demandé à l’assistant de cartographier la structure de l’organisation, d’identifier les cibles à forte valeur et de faire remonter des échanges d’e-mails pertinents, enfouis parmi plusieurs mois d’e-mails, de pièces jointes et d’activités dans l’agenda.

 Sur la base de ces informations, les cybercriminels ont demandé à l’assistant d’IA de rédiger à l’intention du CEO un message de « phishing » extrêmement convaincant, dans le style d’écriture naturel du collaborateur dont le compte avait été compromis. Comme l’e-mail provenait d’un compte interne légitime et s’appuyait sur un contexte professionnel réel, ses chances d’aboutir étaient élevées.

 Une fois le compte du CEO piraté par une attaque destinée à dérobé son jeton de session, les cybercriminels ont répété le processus. Ils ont utilisé l’IA pour maintenir leur présence dans le système et retrouver les informations financières les plus précieuses dans la boîte mail du CEO. Mais le plus inquiétant est à venir.

Screenshot of attackers’ Copilot prompt

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 « L’IA peut transformer une boîte e-mail en une source d’informations interrogeable », insiste Daniel Avulov. 

Lors de l’attaque simulée, une simple question sur les activités financières récentes a permis de faire apparaître des factures en cours, des virements et des circuits d’approbation, dont un paiement de 247.500 dollars en attente. Les cybercriminels ont ensuite utilisé le compte du CEO et l’assistant d’IA pour rédiger une demande convaincante à l’intention du département financier, afin de modifier le compte bancaire du bénéficiaire avant l’approbation du virement.

 Comme la demande provenait de la boîte mail légitime du CEO, faisait référence à une transaction réelle et correspondait à son style de communication, les solutions traditionnelles de sécurité des e-mails avaient peu de raisons de considérer le message comme suspect. Les cybercriminels ont également configuré des règles de transfert afin d’intercepter les messages de confirmation et ont utilisé l’assistant d’IA pour repérer et supprimer rapidement les preuves de la fraude.

 « L’historique de messagerie d’un utilisateur regorge d’informations sensibles et d’éléments de contexte que des cybercriminels peuvent exploiter, notamment les e-mails envoyés et reçus, les documents partagés, les pièces jointes et les invitations dans l’agenda. La structure de l’entreprise peut être déduite des relations implicites qui apparaissent dans les messages ou être consultée directement dans des organigrammes », analyse Daniel Avulov chez Barracuda. Cette attaque contrôlée démontre ainsi comment des assistants d’IA peuvent, à leur insu, devenir des acteurs internes malveillants et accroître tant l’efficacité que la rapidité d’une attaque. 

 Comment se protéger face à ces attaques ? 

 « L’approche de sécurité la plus efficace consiste à reconnaître que les modes opératoires restent les mêmes, à exploiter la télémétrie existante et à réduire autant que possible le délai moyen de détection », conseille Daniel Avulov. 

 À mesure que les assistants d’IA s’intègrent davantage dans les communications et les processus de travail des entreprises, les organisations doivent considérer les comptes assistés par l’IA comme des actifs de très grande valeur. La protection des identités, la surveillance des comptes compromis et la sécurisation des accès assistés par l’IA aux informations de l’entreprise deviendront des composantes toujours plus cruciales des stratégies modernes de sécurité des e-mails et des identités.

 Plus de détails techniques sur la cyberattaque simulée par les experts de Barracuda : https://blog.barracuda.com/2026/08/04/ai-enabled-email-accounts-insider-threat

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