La Police Fédérale crée une cellule nationale dédiée à la lutte anti-phishing

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La Police Fédérale crée une cellule nationale dédiée à la lutte anti-phishing
« La campagne #SCAM, destinée à sensibiliser le citoyen sur les dangers et les arnaques en ligne, a permis d'atteindre 2 millions de personnes en Belgique ».

Les plaintes pour hameçonnage ont augmenté de 30 % en 2025. Face à cette augmentation inédite, la Police Fédérale belge a décidé de passer à la vitesse supérieure en créant une cellule nationale dédiée. Un tournant stratégique dont l'objectif n'est plus seulement de traiter des faits isolés, mais de démanteler les structures organisées de la cybercriminalité. Explications.

La Police Fédérale belge l'admet: le phishing n'est plus une simple nuisance, c'est une industrie. Avec 11.292 plaintes enregistrées en 2025, contre 8 662 l'année précédente, le phénomène prend effectivement une ampleur préoccupante.  Pour répondre à cette menace, la Police Judiciaire Fédérale inaugure cet été une cellule nationale dédiée au phishing, sous la tutelle de la Direction générale de la police judiciaire.

 Cibler le "Crime as a Service"

 La nouvelle structure ne se contentera pas de réagir aux plaintes individuelles. Sa mission consistera à cartographier les réseaux criminels, d'identifier les dirigeants et de comprendre les mécanismes de transfert de capitaux.

Pour Eric Snoeck, Commissaire général de la Police Fédérale, : « il s’agit d’une étape importante dans la lutte contre l'hameçonnage. En regroupant les faits d'hameçonnage et en établissant des liens entre eux, nous pourrons lutter de manière plus ciblée contre les réseaux criminels. »

La cellule, composée d'enquêteurs spécialisés, de soutien administratif et d'analystes, entend ainsi professionnaliser la réponse policière en valorisant l’expertise IT développée au fil des années.

"Cette cellule contribuera à renforcer l’efficacité des analyses et à soutenir les enquêtes face à des formes de criminalité en constante évolution", précise de son côté Laurent Blondiau, Directeur général de la Police Judiciaire Fédérale.

Une approche coordonnée et internationale

 L'hameçonnage étant un phénomène transfrontalier, la cellule jouera un rôle pivot dans la centralisation des données. Elle collaborera étroitement avec Europol pour partager les modes opératoires et les tendances observées.

« L'hameçonnage ne s’arrête pas aux frontières d’une zone de police ou d’un pays. C’est pourquoi nous renforçons notre capacité d’action par la création d'une cellule nationale chargée de centraliser les informations, de réaliser des analyses et de fournir un appui à nos enquêteurs, tant en Belgique qu’à l’échelle internationale, grâce à notre collaboration avec Europol », développe Eric Snoeck.

 La cellule ne mènera toutefois pas elle-même les enquêtes judiciaires, qui restent du ressort des enquêteurs spécialisés et des services locaux. Sa valeur ajoutée résidera dans l'analyse de données massives via des outils comme Phishnet (visualisation des tendances) et Phishline (partage d'informations avec le CCB, les banques et le SPF Économie).

 L'intelligence au cœur de la stratégie de la police fédérale

 Selon le commissaire général, "la valeur ajoutée de cette nouvelle cellule réside dans "l'intelligence", à savoir la collecte et l’analyse des données issues des plaintes déposées aux quatre coins du pays". En établissant des liens entre les dossiers, la cellule pourra repérer des tendances, identifier des groupes d’auteurs et apporter un appui ciblé aux enquêteurs. La cellule nationale Phishing ne mènera pas elle-même d’enquêtes judiciaires. "Celles-ci resteront sous la responsabilité d’enquêteurs de la Police Judiciaire Fédérale spécialisés dans la cybercriminalité et des services de recherche locaux, sous la direction du ministère public", précise Eric Snoeck.

 Une collaboration renforcée avec le Centre pour la Cybersécurité Belgique

 La lutte contre le phishing nécessite une synergie entre les secteurs public et privé. La nouvelle cellule en prend acte. « Les pratiques criminelles évoluent sans cesse. Nous devons être capables de nous adapter rapidement. En combinant intelligemment la technologie, l’analyse des données et la collaboration, nous renforçons non seulement notre propre capacité d’action, mais aussi celle de tous nos partenaires. Notre force réside dans la collaboration entre la police, la justice, le Centre pour la Cybersécurité Belgique, les banques et d’autres partenaires apportent. En rassemblant ces informations, nous pourrons intervenir plus rapidement et protéger davantage de victimes », résume Eric Snoeck.

 Objectif: démanteler les réseaux organisés

Et au responsable de la Police Fédérale de conclure : « les statistiques révèlent une réalité complexe : les réseaux d'hameçonneurs fonctionnent désormais comme de véritables entreprises, avec une direction, une logistique et des services financiers. Des études récentes sur l'hameçonnage ont montré comment fonctionne aujourd’hui la criminalité organisée professionnelle. Derrière des milliers de faits isolés se cachent des réseaux bien organisés, avec une répartition claire des tâches. C’est précisément ces organisations que nous voulons identifier et démanteler, car ce sont elles qui causent les plus grands préjudices à la société ».

 Pour les professionnels de la cybersécurité, cette initiative représente un renforcement crucial de l'écosystème de défense belge, transformant des signalements isolés en une intelligence opérationnelle capable de frapper les réseaux criminels là où ils sont les plus vulnérables.

 

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