Quelle stratégie cyber pour les organisations belges ? Voici ce que conseillent les derniers rapports

La menace infiltre tous les recoins du cyber espace. Inutile de rappeler à quel point l’actualité croule sous les attaques de tous bords. Et comme un cyber expert averti en vaut deux, voici quelques conseils de prévention du Centre pour la cybersécurité en Belgique pour parer à la plupart des coups à venir. Le petit guide incontournable de toute stratégie cyber qui se respecte.
Vous devriez pouvoir dormir sur vos deux oreilles. Le CCB a récemment tiré le bilan des principales menaces qui planent sur notre petit Royaume. Ainsi, l’autorité nationale prévoit que la compromission de comptes, les ransomwares et les attaques DDoS resteront les principaux dangers à venir, à ceci près que les attaquants utilisent de plus en plus l'IA pour opérer plus rapidement et à plus grande échelle.
La règle d’or consiste à renforcer les contrôles d'identité, d’effectuer des patching plus rapidement sur les risques réels, renforcer la résilience des infrastructures IT face aux attaques DDoS automatisées, et surtout organiser une gestion des risques liée aux fournisseurs tiers. Ces recommandations de bon sens ne doivent évidemment pas occulter l’importance des investissements dans la sensibilisation à la cybersécurité.
Les perspectives relevées par l’entreprise TrendAI vont dans le même sens : « le phishing assisté par IA devient presque parfait, la reconnaissance pilotée par IA cartographie les réseaux à une vitesse sans précédent, et les risques augmentent via des écosystèmes cloud interconnectés ». La réponse des équipes cyber réside donc dans une validation continue, intégrée à chaque flux de travail, plutôt que de s'appuyer uniquement sur la sécurité périmétrique traditionnelle.
Le « patching rapide basé sur les risques » et la « validation continue » relèvent essentiellement d’un même principe : la gestion de l'exposition (Exposure Management).
Par conséquent, plutôt que d'essayer de traiter individuellement chacune des 48.185 vulnérabilités identifiées officiellement en Belgique durant l’année 2025, le focus des experts en cybersécurité doit être mis sur ce qui est réellement exploitable et accessible au sein de votre environnement.
Portrait-robot des attaques typiques et menaces clés
Le ransomware à double extorsion (chiffrage et vol des données) est devenu la norme.
Les attaques DDoS demeurent une forme de protestation populaire, en particulier parmi les groupes pro-russes tels que NoName057, qui calent leurs attaques sur les décisions belges de soutien à l'Ukraine.
La compromission de la chaîne d'approvisionnement est le troisième modèle majeur : un fournisseur ou un partenaire informatique compromis peut entraîner une réaction en chaîne touchant des dizaines, voire des centaines de victimes. La triste expérience vécue avec le Fortibleed démontre exactement ce mécanisme.
Le vol d'identifiants est généralement la première étape, et non la dernière. Les infostealers (voleurs d'informations) et les outils d'accès à distance sont souvent le point d'entrée pour des intrusions plus importantes.
La société TrendAI aborde ce problème sous un angle plus large en insistant sur le fait « qu’il ne s'agit pas de catégories de menaces individuelles, mais de l'ensemble de la surface d'attaque : vulnérabilités, mauvaises configurations, interfaces exposées, risques liés à l'identité et, surtout, la manière dont ces éléments interagissent entre eux ».

L'AEV utilise une simulation sûre et continue pour tester quelles combinaisons forment réellement un chemin d'attaque exploitable dans la pratique, plutôt que d'évaluer chaque élément séparément. Cela permet aux organisations d'identifier, avant un attaquant, quelle chaîne de vulnérabilités et de faiblesses dans leur environnement pourrait réellement mener à une compromission.
La souveraineté numérique n'est pas synonyme de sécurité
Ne pas confondre souveraineté et sécurité! La question de la souveraineté, liée à la conservation des données localement, réduit principalement les risques liés au contexte géopolitique et juridictionnel : à savoir moins de dépendance envers un fournisseur étranger unique et moins d'exposition à une législation étrangère. En revanche, une stratégie souveraine ne remplace les investissements à consentir dans l cybersécurité elle-même, quel que soit l'endroit où l'infrastructure IT d’une organisation est hébergée.
Autrement dit, il s’agit de deux risques bien distincts, nécessitant deux réponses adaptées. La gestion de l'exposition ne concerne pas l'endroit où résident les données, mais la cohérence avec laquelle vous identifiez et comblez les expositions qui les entourent.
Ce cadre inhérent à toute stratégie cyber a été défini par le cabinet d'analystes Gartner en 2022 et baptisé « Continuous Threat Exposure Management (CTEM) ».
Il comprend 5 étapes : périmètre, découverte, priorisation, validation et mobilisation. Celles-ci sont conçues pour valider en continu la surface d'attaque d'une organisation plutôt que de l'analyser périodiquement.
Une stratégie CTEM pour réduire drastiquement les violations réussies
Gartner a d’ailleurs prédit que les organisations qui basent leurs investissements en sécurité sur le CTEM ont trois fois moins de risques de subir une violation réussie. 2026 est précisément l'année où cette prédiction peut être testée.
Pourquoi est-ce important aujourd'hui ? En 2025, 48 185 nouvelles vulnérabilités ont été identifiées dans le monde — un nombre record, en hausse de 20,6 % par rapport à 2024, soit une moyenne de 131 par jour. Aucune organisation ne peut toutes les corriger. La question n'est pas « avons-nous cette vulnérabilité ? », mais « est-elle réellement accessible et exploitable dans notre environnement ? »
TrendAI joue elle-même un rôle démontrable dans ce domaine. Grâce à notre propre Zero Day Initiative (ZDI), avec plus de 19 000 chercheurs indépendants et plus de 450 chercheurs dédiés répartis dans 14 centres de menaces, nous avons été responsables de 73 % de toutes les vulnérabilités divulguées publiquement dans le monde en 2024 — plus que tous les autres programmes réunis, selon le cabinet d'analystes Omdia. Cela se traduit par une moyenne de plus de 90 jours de protection pour les clients grâce aux correctifs virtuels (virtual patches), avant même que le fournisseur lui-même ne publie un correctif.
TrendAI Vision One CREM (Cyber Risk Exposure Management) traduit ce cadre de Gartner en pratique : découverte continue de l'ensemble de la surface d'attaque — cloud, identité, API et tiers — priorisation basée sur l'exploitabilité et la criticité plutôt que sur le seul score CVSS, et l'Adversarial Exposure Validation (AEV) pour simuler et tester en toute sécurité si un chemin d'attaque est réellement exploitable.
Le correctif virtuel (virtual patching) n'est pas seulement pertinent pour les systèmes difficiles à corriger. Il est pertinent pour tous les systèmes. L'IA permet désormais aux attaquants d'identifier les vulnérabilités à une vitesse sans précédent, en les exploitant parfois avant même qu'un correctif n'existe. Les organisations doivent donc établir des priorités. Le correctif virtuel comble cette lacune : il donne aux organisations le temps de tester et de déployer minutieusement le correctif réel, ou offre même une protection lorsqu'aucun correctif n'existe encore.
