Explosion des cyberattaques en Belgique : l’énergie, la finance et les administrations en ligne de mire

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Explosion des cyberattaques en Belgique : l’énergie, la finance et les administrations en ligne de mire
Check Point Research : +28 % en un an. En Belgique, le nombre d'attaques a augmenté plus rapidement au cours du troisième trimestre qu'en Europe 

Le nombre d’attaques enregistrées en Belgique a atteint son plus haut niveau en un an. Les organisations du Benelux ont dû faire face à 1.696 cyberattaques chaque semaine. Cette moyenne représente une hausse spectaculaire de 28% en un an et un record en matière de cyber menace dans notre pays. Les secteurs de l'énergie, de la finance et les pouvoirs publics font partie des cibles les plus fréquemment visées.

 Le troisième trimestre 2026 s’est achevé sur un triste record dans le domaine des incidents cyber. Et pour cause, les organisations établies dans le Benelux ont dû faire face à une moyenne de 1.696 cyberattaques par organisation et par semaine. 

Cela chiffre impressionnant représente pourtant une hausse de 28% par rapport à la même période de l'année dernière et le chiffre trimestriel le plus élevé de l'année écoulée.  Il est intéressant de constater que le nombre d'attaques a augmenté (en un trimestre) de 24% au Benelux, contre 19% en Europe. 

Les derniers chiffres publiés par Check Point Research offrent une vue globale de l’étendue des attaques enregistrées dans notre pays. Ainsi, leur nombre est passé de 1.516 par organisation et par semaine en juillet dernier à 2.162 au cours du mois de septembre, soit une hausse de 43 %. Ce chiffre est supérieur à celui des Pays-Bas (+31 %), du Luxembourg (+20 %) et de l'Europe dans son ensemble (+24 %).

 Pour autant, le rapport de Check Point Research souligne qu’en chiffres absolus, les organisations belges subissent moins d'attaques que la moyenne européenne, même si cet écart s'est récemment réduit : la Belgique se situait encore à 26% en dessous de la moyenne européenne en juillet, contre 15% en septembre. Mais en août, la Belgique a toutefois enregistré (avec +48%) la deuxième plus forte croissance annuelle de tous les pays d’Europe juste derrière l'Allemagne.

 Le secteur de l'énergie et les pouvoirs publics en ligne de mire 

 Les chiffres compilés par le centre de recherche de Check Point permettent d’établir que dans le Benelux, le secteur de l'énergie et celui des services publics ont été, et de loin, les cibles principales avec en moyenne 5.092 attaques par organisation et par semaine, soit 71% de plus que l'année précédente et trois fois la moyenne du Benelux. 

En Belgique, le secteur de l'énergie occupait la première place en juillet, août et septembre. Le nombre d'attaques a même enregistré un record mondial en août et septembre, puisqu’il a dépassé la moyenne mondiale pour ce secteur.

En dehors du secteur de l'énergie, la situation en Belgique diffère de celle du Benelux où viennent ensuite le secteur automobile (3.275 attaques par semaine, +30%) et les médias et le divertissement (3.187, +50%). 

 Le secteur financier belge, une proie privilégiée 

En Belgique, le secteur financier et le secteur public occupaient respectivement la deuxième et la troisième place en juillet et septembre, tandis qu'en août, c'étaient le secteur public et les services aux entreprises. Cette analyse détaillée permet de mieux comprendre les cibles privilégiées par les attaquants.

En septembre dernier, le nombre d'attaques contre le secteur financier belge a même été supérieur à la moyenne mondiale pour cette industrie particulière. Alors que le secteur automobile et les médias n'apparaissaient pas dans le classement belge de ce trimestre. 

Le secteur public en revanche se distingue des autres en ce qu’il n'occupe que la neuvième place au Benelux (1.624 attaques par semaine, +9%), mais figure en Belgique parmi les trois secteurs les plus ciblés au cours des trois mois.

Cela s'est confirmé dans la pratique en septembre dernier lorsque la commune de Machelen a été victime d'une cyberattaque par hameçonnage, qui a perturbé ses services numériques pendant plusieurs jours et entraîné une fuite de données à caractère personnel.

 Des attaques qui augmentent dans presque tous les secteurs 

 Les chiffres de Check Point permettent d’indiquer que le nombre d'attaques a augmenté dans neuf des dix secteurs les plus ciblés au Benelux. A l’exception du secteur de la santé (2.576) qui enregistre une baisse de 10% des attaques.

 Ces chiffres sont corrélés avec ceux du Centre belge de cybersécurité (CCB) qui constate également une hausse des signalements dans notre pays. Au 28 septembre, le CCB avait reçu 588 signalements de cyberincidents, soit déjà 93% du total de l'année 2025 (635). Les piratages de comptes (156) constituaient la catégorie la plus importante, et 80 signalements concernaient des ransomwares. 

Notons toutefois que le CCB recense les incidents signalés par les organisations elles-mêmes, tandis que Check Point Research mesure les attaques qu’il détecte sur les réseaux. Mais les deux sources convergent néanmoins dans le même sens.

 Quand l'IA offre un avantage solide aux attaquants

 « L’utilisation de l’IA permet de détecter les vulnérabilités de plus en plus rapidement, mais les attaquants peuvent également les exploiter de plus en plus vite, ce qui réduit d’autant le temps disponible pour les corriger », explique Fred Streefland, RSSI chez Check Point. 

Une attaque perpétrée en septembre dernier contre l’organisation néerlandaise DIVD, une association bénévole qui détecte et signale les vulnérabilités, a illustré la situation dans la pratique. Les attaquants ont exploité deux vulnérabilités inconnues dans le logiciel d’assistance Zammad. Selon la DIVD, un agent d’IA a mené l’attaque en grande partie de manière autonome et a choisi la prochaine étape en quelques secondes.

Le phishing demeure un vecteur d’attaque important

 Outre les « attaques par IA », le phishing reste un vecteur d'attaque important comme l’a confirmé la dernière cyberattaque menée contre la commune de Machelen. A titre d’exemple, 1 e-mail sur 126 était recensé en septembre comme un e-mail de phishing en Europe. Cela donne une idée de l’étendue du fléau ! 

Mais gardons un peu d’espoir : l'utilisation quotidienne des outils d'IA présenterait tout de même un aspect positif. Selon l’étude de Check Point, « la proportion de prompts présentant un risque élevé de fuite de données sensibles a baissé en Europe, passant de 1 sur 40 en juillet à 1 sur 57 en septembre ». 

Bien entendu, il est encore trop tôt pour déterminer s'il s'agit d'un phénomène temporaire ou d'une tendance.

Selon Fred Streefland, RSSI chez Check Point, « grâce à l’IA, non seulement de plus en plus de vulnérabilités sont détectées, mais les attaquants parviennent également de plus en plus rapidement à les exploiter, ce que les organisations belges constatent désormais dans leurs chiffres ». 

 Et à l’expert de rappeler une fois de plus toute l’importance de mettre en place les bases de la sécurité, alors que de nombreuses entreprises n’en tiennent pas toujours compte. 

« Pour contrer cette vague d’attaques basées sur l’IA, il faut avant tout bien cerner la surface d’attaque de l’organisation (« gestion de l’exposition ») et réduire cette surface d’attaque », insiste Fred Streefland. 

Cette mise en garde passe par la mise en place de bases de sécurité solides, notamment grâce à la segmentation du réseau, à l’authentification multifactorielle (MFA), au chiffrement, aux sauvegardes, à l’application rapide des correctifs, ainsi qu’à la connaissance précise des outils d’IA utilisés par vos collaborateurs et des ressources auxquelles ils ont accès. Une fois ces bases solidement établies, la tâche des attaquants s’en trouve déjà considérablement compliquée. Les entreprises doivent désormais en faire une priorité. Tarder n’est pas une option."

 3 conseils et mesures concrètes pour mieux se protéger

 1.      Mettez en place une solution de gestion des risques de sécurité qui vous permettra de connaître votre surface d'attaque ainsi que les vulnérabilités et les erreurs de configuration existantes, afin de les corriger de manière préventive.

2.      Mettez en place une solution efficace de sécurité des e-mails, car 75 % de toutes les cyberattaques réussies passent encore par ce canal.

3.      Recensez les outils d'IA utilisés au sein de l'organisation, les ressources auxquelles ils ont accès et les données qui y sont traitées.

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Par Boris Jancen