Face à la tempête cyber : Comment le CCB arme la Belgique contre les menaces étatiques et la cybercriminalité organisée

Menaces étatiques, professionnalisation de la cybercriminalité « as-a-service », essor de l'intelligence artificielle : le paysage de la sécurité numérique subit des mutations profondes. Au cœur de cet écosystème en proie à des enjeux géopolitiques et criminels majeurs, le Centre pour la Cybersécurité Belgique centralise les compétences techniques et réglementaires du pays. Dans cet entretien exclusif, Phédra Clouner, Directrice générale adjointe du CCB, analyse le paysage de la menace en 2026. Elle détaille les missions du Centre, les espoirs fondés sur la directive NIS2, le cadre d'évaluation CyFun, en insistant sur les défis majeurs de la souveraineté technologique, la lutte contre la fraude financière et la protection de la chaîne d'approvisionnement. Focus sur la stratégie du CCB pour faire de la Belgique l'un des pays les plus résilients d'Europe.
-Cyber Security News : Présentez-nous brièvement le CCB. Peut-on vous décrire comme la clé de voûte de la résilience nationale ?
Phédra Clouner : Le Centre pour la Cybersécurité Belgique a été créé il y a une dizaine d’années à la suite d'incidents majeurs qui ont touché des infrastructures critiques de notre pays. Au fil des ans, le CCB s'est imposé comme l'autorité nationale en matière de cybersécurité. Nous centralisons aujourd'hui des compétences autrefois dispersées, comme le Cyber Emergency Response Team (CERT.be) -service opérationnel de première ligne- ou qui découlent de règlementations européennes comme le NCCA qui fait office d'autorité nationale de certification (dans le contexte du Cybersecurity Act), et nous pilotons le Centre national de coordination (NCC-BE) pour faire le lien avec le règlement relatif à l'ECCC qui institue le Centre européen de compétences en matière de cybersécurité qui établit le réseau des centres nationaux de coordination. Notre mission est donc globale, couvrant à la fois la protection des administrations publiques, des opérateurs d'infrastructures critiques, des entreprises privées de toutes tailles, ainsi que la sensibilisation des citoyens.
Le CCB s'appuie sur une stratégie ambitieuse pour sécuriser les infrastructures critiques, les entreprises et les citoyens belges.
-Cyber Security News : Le CCB est bien connu des grands acteurs du pays, mais les plus petites structures et les PME ne mesurent pas toujours l'étendue de votre action ni l'urgence de leur propre sécurisation. Comment abordez-vous ce public ?
Phédra Clouner : C'est effectivement un point crucial de notre stratégie. La cybersécurité n’est plus l'apanage des grandes entreprises et des services publics. L’actualité nous prouve qu’il est devenu crucial de toucher les petites structures et les PME. Ces entités sont aujourd'hui des cibles pour les cybercriminels parce qu'elles constituent le maillon faible de la « supply chain ». Une faille chez un sous-traitant peut paralyser une multinationale ou une administration entière. De plus, avec l'évolution réglementaire comme NIS2, ces petites structures pourront se voir imposer des exigences de sécurité de plus en plus strictes directement par leurs clients et partenaires commerciaux.
-CSN : Justement, la directive NIS 2 est sur toutes les lèvres. Quel est le rôle exact du CCB dans son application et de quels pouvoirs disposez-vous désormais pour la faire respecter ?
Phédra Clouner : L’arrivée de NIS2 est une excellente chose. Auparavant, le CCB n'avait pas de réel pouvoir contraignant. Alors qu’aujourd'hui, la directive européenne transposée et le Cyber Security Act (CSA) nous confèrent un rôle d'autorité ede contrôle et d'application. Nous supervisons désormais 18 secteurs d'activité en Belgique, dont les administrations publiques. Nous avons le pouvoir d'imposer la mise en œuvre de mesures de sécurité précises, d'exiger la notification obligatoire des incidents de sécurité et d'obliger les entités concernées à s'enregistrer. Le CCB peut mener des audits et des inspections directement au sein des organisations pour vérifier leur conformité. Mais il est important de rappeler que le CCB est là avant tout pour aider les entités NIS2 à augmenter leur niveau de cyber resilience.
« Fort d'une équipe de 138 collaborateurs, le CCB est responsable de la conception -avec d'autres acteurs- et du déploiement de la stratégie nationale de cybersécurité, avec un mandat englobant les administrations publiques, les opérateurs d'infrastructures critiques, le secteur privé et le grand public à travers l'initiative Safeonweb »
-CSN : Comment s'organise concrètement cette supervision, notamment avec les autres SPF ou autorités sectorielles ?
Phédra Clouner : Le CCB est l'organe centralisateur en Belgique. Pour les secteurs régulés par NIS2, nous collaborons étroitement avec les autorités sectorielles compétentes, comme par exemple le SPF Économie pour le secteur de l'énergie, ou le SPF Santé publique pour les hôpitaux. Ces autorités peuvent nous aider à identifier les entités critiques et peuvent, dans certains cas, définir des règles sectorielles spécifiques qui viennent s'ajouter au socle commun défini par le CCB, après validation du CCB. Par ailleurs, notre rôle central se traduit par l'intégration de fonctions clés. Nous avons intégré le CERT en 2017 pour garantir une réponse rapide et coordonnée aux incidents. Nous hébergeons également l'autorité nationale de certification cyber (NCCA) et le National Coordination Center (NCC-Be) lié à l'ECCC européen.

-CSN : En cas de crise majeure ou d'attaque d'envergure, comment s'articule votre collaboration avec les forces de l'ordre et la défense ?
Phédra Clouner : Notre rôle est avant tout technique et préventif : nous intervenons pour contenir l'attaque, aider à la remédiation et coordonner la réponse globale. C'est le CCB qui a rédigé le plan national de crise cyber, en collaboration avec les autres acteurs institutionnels pertinents. Néanmoins, nous travaillons en collaboration avec la police, la justice et la défense, etc . Pour simplifier, on peut dire que pendant que le CCB et plus spécifiquement le CERT assiste la victime pour analyser, contenir, atténuer et éradiquer les cyberattaques , la police se charge de la collecte des preuves numériques nécessaires à l'enquête judiciaire pour identifier et poursuivre les auteurs de l'attaque, sous la direction du Parquet.
-CSN : Comment s'organise concrètement cette supervision, notamment avec les autres ministères et autorités sectorielles ?
Phédra Clouner : Le CCB est l'organe centralisateur en Belgique. Pour les secteurs régulés par NIS 2, nous collaborons étroitement avec les autorités sectorielles compétentes : par exemple, le SPF Économie pour le secteur de l'énergie, ou le SPF Santé publique pour les hôpitaux. Ces autorités nous aident à identifier les entités critiques et peuvent, dans certains cas définir des règles sectorielles spécifiques- après validation du CCB- qui viennent s'ajouter au socle commun défini par le CCB, et nous supporter dans les inspections pour celles disposant de services d'inspection.

-CSN : En cas de crise majeure ou d'attaque d'envergure, comment s'articule votre collaboration avec les forces de l'ordre et la défense ?
Phédra Clouner : Notre rôle est avant tout technique et préventif : nous intervenons pour contenir l'attaque, aider à la remédiation et coordonner la réponse globale selon le Plan national de crise cyber que nous avons rédigé18. Cependant, nous travaillons main dans la main avec la police, la justice et la défense. Pendant que le CCB et le CERT assistent la victime pour stabiliser ses systèmes, la police se charge de la collecte des preuves numériques nécessaires à l'enquête judiciaire pour poursuivre les auteurs de l'attaque, en lien avec Europol et Interpol.
« Le CCB s'est imposé comme l'autorité nationale en matière de cybersécurité. Rattaché directement au niveau fédéral, il a été conçu pour unifier et rationaliser les initiatives nationales, autrefois fragmentées entre plusieurs entités comme la Federal Computer Crime Unit ».
-CSN : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre cellule de veille et d'analyse de la menace « Cyber Threat Intelligence » -aka CYTRIS ? Comment fonctionne-t-elle au quotidien pour anticiper les attaques ...
Phédra Clouner : Nos analystes surveillent en permanence le paysage de la menace aux niveaux national, sectoriel et international. Les cyberattaques ne s'arrêtant pas aux frontières, un incident affectant un éditeur de logiciels aux Pays-Bas peut avoir des répercussions directes sur des organisations en Belgique. Lorsqu'une menace précise ou une vulnérabilité critique est détectée, notre cellule CTI formule des alertes techniques ciblées (Early Warning) contenant des recommandations exploitables pour les équipes de sécurité des infrastructures critiques. Pour les structures hors NIS2, nous avons mis en place le système « SpearWarning » qui prévient proactivement les organisations belges dès que nous détectons qu'un des systèmes est exposé ou potentiellement infecté.
-CSN : L'une des initiatives les plus visibles du CCB auprès du grand public et des entreprises est le dispositif d’information Safeonweb. Quels sont les volumes traités et comment les données sont-elles exploitées pour protéger l'ensemble du réseau belge ?
Phédra Clouner : Le projet Safeonweb fournit des résultats remarquables. Grâce à notre adresse de signalement suspect@safeonweb.be, élargie depuis aux SMS et messages WhatsApp, nous recevons en moyenne 40.000 messages suspects par jour de la part des citoyens. Cette masse d'informations est analysée de manière automatisée pour identifier les sites web malveillants. Nous mettons alors en place un système en collaboration directe avec les fournisseurs d'accès Internet qui fait que dès qu'un internaute en Belgique tente de cliquer sur un lien frauduleux répertorié, il est immédiatement redirigé vers une page d'alerte l'avertissant de la dangerosité du site. C'est un modèle vertueux où la vigilance individuelle renforce la sécurité collective de tout le pays.
SAVE THE DATE - October 15, 2026 Hi Site, Grimbergen (Brussels)
-CSN : S’il fallait dresser une typologie des principales menaces en 2026, quelles sont les tendances lourdes observées par le CCB ?
Phédra Clouner : Le paysage de la menace reste dominé par un triptyque bien connu des professionnels de la cybersécurité. Il y a les compromissions de compte. c’est la menace la plus répandue, dont un des vecteurs très répandu sont les campagnes de phishing sophistiquées ou pas qui volent les identifiants d'accès pour s’introduire de manière non autorisée dans les comptes des utilisateurs. Ensuite, le rançongiciel (ransomware) reste une menace financièrement dévastatrice pour les entreprises et les services publics, et nous voyons aussi depuis le début de l’année les compromissions de systèmes et les data leaks se battrent pour la 3ème place. Enfin, les attaques par déni de service distribué (DDoS) , si elles sont moins fréquentes qu’en 2025, sont toujours bien positionnées avec une recrudescence majeure observée, liée au contexte géopolitique.
S'ajoute encore à ce tableau la multiplication des attaques ciblant la chaîne logistique des organisations, où les criminels cherchent à corrompre un fournisseur ou une mise à jour logicielle pour infiltrer leur cible finale.
-CSN : Ces attaques DDoS ont-elles un but purement perturbateur ou cachent-elles autre chose ?
Phédra Clouner : Contrairement aux ransomwares, les attaques DDoS ne visent pas à voler des données mais à rendre les services indisponibles. Récemment, nous avons fait face à d'importantes campagnes menées par des collectifs d'activistes comme NoName057, des sympathisants russes. Leurs motivations sont purement idéologiques et géopolitiques : chaque fois qu'un officiel belge s'exprime en faveur de l'aide à l'Ukraine, nous constatons le déclenchement de campagnes DDoS ciblées contre nos administrations et infrastructures dans les 24 à 48 heures. Le CCB anticipe ces vagues en prévenant les cibles potentielles pour qu'elles activent leurs mesures de mitigation.
-CSN : Nous parlons là d'hacktivisme, mais qu'en est-il des attaques directement sponsorisées par des États ?
Phédra Clouner : Les cyberattaques sponsorisées par des Etats qui peuvent être à l’origine d’APT (Advanced Persistent Threats) représentent le haut du spectre de la menace. Leurs objectifs sont l'espionnage industriel, le vol de données stratégiques, la perturbation d’autres Etats, ou la préparation de sabotages d'infrastructures critiques, comme l'énergie ou les télécommunications. Ces groupes disposent de ressources financières et techniques très importantes. C'est une réalité géopolitique avec laquelle nous devons composer au quotidien ; le cyberespace étant devenu un champ de bataille entre grandes puissances.
« La Belgique renforce son bouclier numérique face à l'intensification des tensions géopolitiques mondiales, à l'essor d'un cybercrime structuré en modèle « as-a-service » et à la prolifération des risques liés à l'intelligence artificielle »
-CSN : On observe aujourd’hui une professionnalisation effrayante de la cybercriminalité quotidienne. On parle désormais de structures mafieuses organisées comme des multinationales. Quelle est votre vision de ce fléau ?
Phédra Clouner : Absolument. La cybercriminalité s'est totalement démocratisée et structurée sous forme de modèles as-a-service. Aujourd'hui, un attaquant n'a plus besoin de compétences techniques pointues : il peut louer des plateformes de ransomware ou des capacités de DDoS sur le dark web pour quelques dizaines ou centaines d'euros. Les grands groupes de ransomware fonctionnent comme des entreprises, avec une direction, des développeurs, un support client et des réseaux d'affiliés qui reversent une commission sur les gains. Cette accessibilité accrue complique grandement la gestion de crise, car nous faisons parfois face à des attaquants très jeunes.
CSN : Face à cette menace diffuse, comment les PME peuvent-elles se protéger sans disposer des moyens de grands groupes ?
Phédra Clouner : C'est justement pour répondre à ce défi majeur que le CCB a développé le framework CyberFundamentals (CyFun). Ce référentiel propose une approche progressive de la sécurité, structurée en plusieurs niveaux de maturité. Il permet donc aux petites structures d'identifier des mesures clés concrètes à mettre en œuvre -comme l'authentification multifacteur (MFA) et la gestion stricte des accès – pour faire face à une grande partie des risques courants, sans déployer d'architectures complexes et coûteuses. Des initiatives de sensibilisation, d’information et de formations sont mises en œuvre par le SPF Economie pour accompagner les PME’s. Le CCB met également en œuvre des actions à destination des PME’s et une collaboration existe pour certaines initiatives.

-CSN : Beaucoup d'organisations se plaignent de la lourdeur de la mise en conformité NIS 2, affirmant qu'elles ne seront pas prêtes à temps. Quelle est la position du CCB ?
Phédra Clouner : Nous n'avons pas revu nos exigences à la baisse, car la sécurité de notre tissu économique en dépend. En revanche, nous faisons preuve de pragmatisme. Les organisations essentielles soumises à NIS 2 - qui devraient en principe être certifiées dès le 18 avril 2027 et qui ne le seraient pas - peuvent nous soumettre un plan de remédiation détaillant les mesures qu'elles comptent déployer pour obtenir leur certification en avril 2028.
Un levier majeur de NIS 2 est la responsabilisation directe du management (board level) : désormais, les dirigeants des entités NIS2 sont personnellement et légalement responsables de la gouvernance de sécurité de leur organisation. Parallèlement, des directives comme le Cyber Resilience Act (CRA) obligeront les éditeurs à certifier leurs logiciels avant leur entrée sur le marché européen .
-CSN : La question de la souveraineté technologique européenne est au cœur des débats actuels, particulièrement face à la dépendance à l’égard des solutions américaines ou chinoises. Quelle est la position et la démarche du CCB sur ce sujet ?
Phédra Clouner : C'est une réflexion indispensable dans le contexte géopolitique actuel, mais il faut rester lucide : nous sommes aujourd'hui extrêmement dépendants de technologies et de composants matériels non européens. La souveraineté ne se décrète pas du jour au lendemain, d'autant que chaque acteur en a parfois une définition différente. Nous attendons le résultat des discussions au niveau Européen.
Et en attendant le développement d'alternatives européennes compétitives – encouragé notamment par le « sovereignty package » de la Commission européenne –, une approche pourrait être de prioriser les solutions nationales, puis européennes, puis offertes dans le cadre de membres de l’OTAN par exemple lorsque c’est possible. Lorsque les technologies tierces sont incontournables, il reste tout à fait possible de minimiser les risques en imposant des exigences strictes : certifications de sécurité, mesures de sécurité , gestion et maîtrise locale des clés de chiffrement, et contrôles d'accès rigoureux.
-CSN : Un autre grand sujet de préoccupation est l'émergence de l'intelligence artificielle. Comment l'IA redéfinit-elle les règles du jeu en cybersécurité ?
Phédra Clouner : L'intelligence artificielle est une arme à double tranchant. Pour les criminels, elle facilite considérablement l'identification automatisée des vulnérabilités, optimise les attaques d'ingénierie sociale (phishing ultra-personnalisé, deepfakes vocaux ou visuels) et permet un ciblage à grande échelle extrêmement précis. C'est pourquoi le CCB suit de très près l’évolution des modèles IA et l'application de l'AI Act européen pour encadrer ces technologies. Heureusement, l'IA est aussi un formidable outil pour les experts en cybersécurité : nous l'utilisons pour analyser de grands volumes de données de télémétrie, détecter des signaux d'intrusion et automatiser la réponse aux incidents.
-CSN : La fraude financière en ligne et autres arnaques bancaires connaissent une hausse exponentielle. Quels dispositifs techniques et partenariats avez-vous mis en place pour y faire face ?
Phédra Clouner : La fraude financière a un impact économique considérable sur les victimes. Pour lutter efficacement contre cette criminalité, nous avons mis en place une plateforme collaborative qui associe plusieurs acteurs tels que le secteur bancaire, la police et d'autres acteurs institutionnels. Ce partenariat permet un partage d'informations : nous croisons les données issues des 40.000 signalements quotidiens avec les des informations provenant par exemple des banques. Ce système commun a déjà permis d'obtenir des résultats très concrets et rapides, notamment en identifiant et signalant des fausses publicités, comme des investissements en cryptomonnaies, diffusées sur les réseaux sociaux.
-CSN : Envisagez-vous de mettre en place une sorte d'appli "bulletin d'alerte des menaces" pour prévenir la population sur des cyber incidents graves ?
Phédra Clouner : Ce concept de "Cyber Weather Brief" a en effet été envisagé et discuté à plusieurs reprises. L'idée de fournir un indicateur simple annonçant les "orages" numériques est séduisante, mais sa mise en œuvre est complexe.
La difficulté réside dans le calibrage de l'information : il faut parvenir à synthétiser des données techniques de menaces très hétérogènes pour qu'elles restent à la fois compréhensibles pour le citoyen et directement exploitables pour les professionnels de la sécurité. Bien que ce format spécifique ne soit pas encore déployé, nous continuons d'investir massivement dans le partage continu d'informations et d'indicateurs de risque via l'ensemble de nos canaux de communication.
-CSN : Pour conclure, où se situe la Belgique en matière de cybersécurité par rapport aux autres états européens ?
Phédra Clouner : La Belgique se positionne très bien dans les classements internationaux de cybersécurité, comme l’index de référence de l'ITU ou de l'ENISA (Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité).
Ce succès repose sur plusieurs piliers : une stratégie nationale claire dont le CCB assure la mise en œuvre, un modèle de gouvernance centralisé qui favorise l'agilité, et surtout, une culture de collaboration très forte entre, entre autre, le secteur public, le secteur privé (notamment le secteur bancaire pour la lutte contre la fraude, les Internet service providers), les fédérations professionnelles et les citoyens.
Rappelons que nous ne sommes pas dans une logique réactive, mais proactive : nous investissons massivement dans la prévention, la sensibilisation et le partage d'informations. C'est cette dynamique collective qui doit nous permettre de rester optimistes et nous permettra de relever les défis de demain.

