Souveraineté et cybersécurité : le pari de Fujitsu pour protéger les organisations belges

La question de la souveraineté technologique s’impose comme un pilier de la défense nationale. Et c’est dans ce contexte que la firme japonaise Fujitsu lance une infrastructure d’IA souveraine destinée à redéfinir les standards de transparence pour les entreprises et institutions belges.
La course à l’IA générative a révélé une faille majeure dans la stratégie numérique européenne : une dépendance critique envers des infrastructures de calcul centralisées, souvent opaques et situées hors de notre juridiction.
Cette dépendance devient même un risque sécuritaire majeur pour un pays comme la Belgique qui accueille de nombreuses institutions internationales et pôles industriels stratégiques.
Fujitsu espère aujourd'hui apporter une réponse à ces enjeux sécuritaires avec sa technologie MONAKA attendue pour la fin de l’année.
La transparence de la chaîne d’approvisionnement comme rempart contre l'espionnage
Le Centre pour la Cybersécurité en Belgique a expressément identifié la compromission des fournisseurs comme l'un des vecteurs d'attaque majeurs.
L’annonce d’un nouveau serveur Fujitsu, intégralement conçu et fabriqué dans l’usine de Kasashima au Japon, entend donc offrir une réponse directe à ce risque grâce à la traçabilité totale de l’origine des composants et de l’historique de fabrication. Ce faisant, l’entreprise permet aux organisations belges et européennes de s'affranchir de l'opacité des chaînes d'approvisionnement mondiales.
Car pour une institution sensible, il devient crucial de savoir exactement d'où vient le matériel et comment il a été assemblé pour prévenir l'insertion de portes dérobées matérielles.
L'Europe face au défi de la souveraineté matérielle
Mais pourquoi acheter une solution japonaise pour garantir notre sécurité ? L'Europe dispose d'acteurs reconnus dans l'assemblage de serveurs haute performance, tels que le français Atos (via sa division Bull) ou l'italien E4 Computer Engineering, mais elle reste encore dépendante des fonderies mondiales pour ses processeurs. Contrairement à l'initiative de Fujitsu qui maîtrise verticalement toute la chaîne, de la conception du processeur à la fabrication du serveur.

Autrement dit, l'Europe est actuellement dans une phase de construction de son écosystème informatique et numérique. Des projets stratégiques comme SiPearl et l'European Processor Initiative travaillent activement à concevoir des puces souveraines pour le calcul intensif, soutenus par le EU Chips Act. Toutefois, à ce jour, l'Europe ne propose pas encore d'alternative intégrée équivalente à la solution « clé en main » de Fujitsu, ce qui fait du projet MONAKA une proposition intéressante pour les organisations européennes en quête d'une souveraineté matérielle immédiate et maîtrisée.
L'atout du « On-Premise » comme réponse aux menaces cyber belges
Les organisations en Belgique belges font aujourd’hui face à trois menaces majeures. Tout d'abord, le ransomware à double extorsion, qui combine chiffrement et vol de données, est devenu la norme. Ensuite, l'espionnage étatique représente un danger constant, avec des groupes cherchant à anticiper les décisions politiques et commerciales. Enfin, l'IA offensive est une menace grandissante, les attaquants utilisant désormais l'intelligence artificielle pour cartographier les réseaux et automatiser le phishing à une vitesse inédite.
Face à ces risques, la stratégie de Fujitsu avec MONAKA est de permettre le déploiement d'infrastructures d'IA « sur site ». Grâce à une efficacité énergétique exceptionnelle (permettant de diviser par deux la consommation électrique et le nombre de serveurs nécessaires) les nouvelles machines peuvent fonctionner dans des environnements standards, sans infrastructure de refroidissement liquide complexe. Cela permet aux entreprises belges et européennes de conserver leurs données confidentielles en interne, sous une gouvernance locale, plutôt que de les exposer dans des clouds mutualisés où les risques de compromission sont démultipliés.
Sécurité matérielle et informatique confidentielle, un choix stratégique pour la Belgique
Le processeur MONAKA intègre nativement l'informatique confidentielle (confidential computing). Une technologie qui protège par chiffrement matériel les données et les applications exécutées en mémoire. Pour une organisation en Belgique, cela signifie que même en cas d'intrusion sur le système d'exploitation, les données traitées par l'IA restent inaccessibles à l'attaquant. C’est une barrière de sécurité supplémentaire contre les infostealers et les outils d'accès à distance, souvent utilisés comme points d'entrée pour des intrusions plus larges.
Pour résumer, l'arrivée de la nouvelle solution japonaise offre à la Belgique une opportunité de diversifier ses options technologiques. En s'appuyant sur une infrastructure « made in Japan », les entreprises belges peuvent réduire leur exposition aux législations étrangères extraterritoriales tout en bénéficiant d'une technologie de pointe.
Fujitsu prévoit d’ailleurs de déployer un modèle d’IA souveraine intégré verticalement, combinant ses technologies propriétaires (plateforme Kozuchi, IA générative Takane) à des modèles sectoriels. Cette approche « clé en main » offre aux organisations un environnement sécurisé pour exploiter l'IA générative tout en respectant les exigences strictes de conformité.
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