Baromètre de la cybersécurité : 2 organisations sur 3 victimes d’une attaque majeure. La moitié paye la rançon

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Baromètre de la cybersécurité : 2 organisations sur 3 victimes d’une attaque majeure. La moitié paye la rançon
96 % des décideurs en sécurité & IT estiment pouvoir faire face aux cybermenaces modernes, même lorsque les incidents perturbent leur organisation durant des semaines.

Malgré la confiance qui règne chez les experts en sécurité à l’égard de leur infrastructure de cyberdéfense, près de deux organisations sur trois sont victimes d’un incident de taille. Et la moitié des victimes touchées dans le Benelux a même subi une perte de productivité supérieure à deux semaines. Analyse avec Adam Marrè, Chief Information Security Officer chez Arctic Wolf.

 Le décalage est désormais manifeste entre la perception que partagent les organisations de leur résilience cyber et l’impact réel des incidents IT qui les frappent. 

Une étude internationale menée par Sapio Research pour le compte d’Arctic Wolf (2026 AI & Cybersecurity Trends Report) offre un tableau assez représentatif de la cyber menace pour les entreprises dans le monde, y compris en Belgique.

Premier constat relevé : la plupart (96 %) des décideurs en sécurité et en IT se disent convaincus de pouvoir faire face à la complexité des cybermenaces actuelles. Mais dans le même temps, 63 % des 1.350 organisations sondées ont été confrontées à une attaque importante au cours de l’année écoulée.

L’étude nous renseigne davantage sur la gravité de ces attaques : parmi les organisations touchées, la moitié (48 %) ont subi une perte de productivité pendant deux semaines ou plus. Autre constat préoccupant : 7 % des répondants ne savent même pas avec certitude si leur organisation a été victime d’un tel incident.

« Les chiffres montrent qu’il existe un décalage manifeste entre la confiance des organisations dans leur cybersécurité et la réalité à laquelle les équipes de sécurité sont confrontées au quotidien », analyse Adam Marrè, Chief Information Security Officer chez Arctic Wolf.

 Perte de données contre rançon : la préoccupante équation

 Les résultats de l’étude montrent que la perte de données constitue à la fois le type d’incident le plus fréquent et celui dont l’impact est le plus lourd. Plus d’un répondant sur cinq (21 %) cite l’exposition accidentelle ou la perte de données comme le principal incident de cybersécurité auquel son organisation a été confrontée. Alors que 29 % des responsables cyber mentionnent l’exfiltration ou le vol intentionnel de données.

Les attaques menées dans un but de rançon ont de lourdes conséquences financières pour les organisations. Mais c’est surtout en Amérique du Nord que la propension à payer une rançon reste élevée. Parmi les victimes d’un rançongiciel, 74 % admettent avoir payé directement ou par l’intermédiaire d’un tiers. C’est nettement plus qu’en Europe (57 %) ou la moyenne mondiale estimée à 55 %.

 L’IA met les experts en sécurité sous haute pression

 Comme on pouvait s’y attendre, l’étude confirme que les équipes de sécurité sont plus que jamais soumises à une forte pression opérationnelle sous l’effet des attaques guidées par IA. Elles consacrent en moyenne entre 13 et 15 heures par semaine aux principales tâches de sécurité, comme par exemple la réduction des faux positifs, la gestion des outils de sécurité ou encore la réponse aux exigences de conformité.

Cette charge de travail ne cesse en outre d’augmenter à mesure que le volume et la complexité des cybermenaces progressent. Par conséquent, les organisations se tournent de plus en plus vers l’automatisation et l’IA pour soutenir leurs équipes de sécurité. 

L’étude nous apprend à cet égard que 85 % des sondés estiment que l’IA leur permettra de mieux détecter les menaces nouvelles ou difficiles à identifier, tandis que 72 % pensent que l’IA est plus performante que l’humain pour repérer les menaces.

 Quand la confiance en l’IA s’effrite 

La confiance reste toutefois étonnamment limitée lorsqu’il s’agit de laisser l’IA agir de manière autonome. Seuls un expert interrogé sur deux (53 %) prétend faire confiance à l’IA pour exécuter des actions de sécurité bien délimitées, comme le blocage d’adresses IP malveillantes. 

Cela représente donc un nouveau défi pour les équipes de sécurité : les organisations voient dans l’IA un moyen d’alléger la pression opérationnelle, mais restent réticentes à lui confier réellement des décisions.

 « Les cyberincidents majeurs continuent de toucher les organisations, les rançongiciels ont de lourdes conséquences financières et les équipes de sécurité consacrent énormément de temps aux tâches opérationnelles », précise Adam Marrè, Chief Information Security Officer chez Arctic Wolf. 

Et de poursuivre : « les organisations cherchent donc des moyens de travailler plus rapidement et plus efficacement. L’IA peut jouer un rôle important à cet égard, mais uniquement si les responsables de la sécurité peuvent avoir confiance dans la fiabilité et l’explicabilité de ses résultats ». 

L’étude conclut que l’avenir des opérations de sécurité réside dans la combinaison d’une IA fiable et de l’expertise humaine, afin d’agir plus vite, de prendre de meilleures décisions et de renforcer la résilience. 

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