Comment la cyber fraude sape la confiance des PME belges envers les banques et l'Etat

Deux PME belges sur trois ont déjà été confrontées à une cyber fraude, et un quart d’entre elles y a perdu beaucoup d’argent. Face à cette profonde détresse, la plupart des entreprises estiment que les banques et l’administration publique ne font rien pour les protéger. Une enquête pointe des montants escroqués dépassant les 25.000€, principalement via phishing. Analyse avec Benjamin Tailleur, COO chez Horus Software.
Un sondage mené par l’éditeur de la solution comptable IA Horus Software, en collaboration avec le bureau iVox, révèle que 6 PME belges sur 10 jugent que les banques et les pouvoirs publics n’en font pas assez pour protéger leur entreprise contre la fraude. D’autant que 64 % des 300 entreprises interrogées (comptant jusqu’à 250 employés) ont déjà été confrontées à la fraude, et plus d’un quart (27 %) y a perdu de l’argent.
Phishing, la reine des arnaques
La porte d’entrée royale des fraudeurs reste le phishing, que près d’un tiers des PME (30 %) a déjà expérimenté en Belgique. Suivent les fausses factures (19 %), les faux clients et fausses entreprises (17 %). Si le danger peut provenir de l’intérieur et concerné une petite partie des répondants (11,5 %), la menace reste omniprésente. « Plus de la moitié des entreprises (51,5 %) a subi une fraude ou une tentative de fraude il y a moins de six mois, et pour une bonne partie d’entre elles (23,7 %), c’était même il y a moins de trois mois », révèle l’enquête.

Des vols qui dépassent les 25.000€ !
Plus d’un quart des entreprises sondées (27,6 %) indiquent avoir perdu entre 2.500 et 10.000 euros, des montants qui grimpent parfois beaucoup plus haut. Mais un autre quart des PME lésées reconnaissent avoir été arnaquées jusqu’à 25.000 euros !
Face à ces fraudes massives, le sentiment d’abandon par les institutions financières et publiques gagne les esprits des dirigeants d’entreprise. L’enquête indique que les banques et assurances ont permis à une majorité de PME (62%) de récupérer tout ou partie des sommes dérobées. Mais pour les autres victimes l’argent s’est définitivement envolé (27 %), ou les procédures sont toujours en cours (11%).

Des fraudes qui plombent sévèrement le moral des PME
Autant dire que ces incidents à répétition pèsent lourdement sur le moral des dirigeants et les finances des entreprises belges. « Plus de la moitié des sondés se disent préoccupés par le risque de fraude (54 %), et une proportion comparable estime qu’elle nuit à la rentabilité de leur entreprise (58,5 %). Certains vont même plus loin, puisqu’une frange non négligeable a envisagé d’arrêter ses activités (19,6 %) », indique Benjamin Tailleur, COO chez Horus Software.

Mais qui doit se protéger ?
Face à ce sombre tableau, une majorité de répondants estime que les banques (59,8 %) et pouvoirs publics (57,8 %) ne s’impliquent pas suffisamment face aux arnaques subies par les entreprises. Les regards se tournent aussi vers les fournisseurs (y compris de logiciels), à qui la plupart des victimes attribuent également une part de responsabilité.
« Les personnes concernées sont souvent les premières à repérer les anomalies, comme un fournisseur dont les coordonnées bancaires changent du jour au lendemain, et l’argent part dans les poches de cyber escrocs », conclut Benjamin Tailleur, COO chez Horus Software, la société familiale liégeoise qui équipe 4.000 comptables en Belgique.
Les résultats complets de l'étude peuvent être consultés directement sur le site https://research-reveal-dash.lovable.app/fr

