Comment l’IA transforme les métiers de la cybersécurité

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Comment l’IA transforme les métiers de la cybersécurité
Les équipes de cybersécurité sont sous pression de l’IA : entre lacunes des compétences et réduction des effectifs. La situation est préoccupante.

La grande majorité des experts en cybersécurité en Belgique présente des lacunes en matière de compétences liées à l’IA. Dans le même temps, les organisations affichent une diminution des effectifs sous la pression de l’automatisation des processus. Une situation qui interpelle à l'heure où les métiers cyber se transforment rapidement.

 Une nouvelle étude internationale menée par Barracuda Networks auprès de 2.000 décideurs en informatique et en sécurité (Cybersecurity Skills Gap Report) révèle que la quasi-totalité des organisations sondées dans le Benelux (95 %) signalent des lacunes en matière de compétences en cybersécurité. Les difficultés les plus fréquemment citées concernent les risques liés à l’intelligence artificielle (66 %) et les menaces avancées liées aux identités et au phishing (64 %), notamment la compromission des messageries professionnelles (Business Email Compromise, BEC), l’utilisation abusive d’OAuth et le contournement de l’authentification multifacteur.

 Le rapport montre également comment l’IA, les attaques ciblant les identités et le développement des activités numériques accentuent la pression sur les équipes de cybersécurité. Les résultats du sondage démontrent que les équipes de cybersécurité peinent à faire face à des responsabilités croissantes. 

Plus de 4 organisations du Benelux sur 10 (42 %) indiquent que leurs spécialistes de la cybersécurité sont censés soutenir le développement des activités numériques de l’entreprise sans ressources supplémentaires. 

Par ailleurs, 40 % des personnes interrogées déclarent que les attentes de leur entreprise dépassent les compétences et les outils de cybersécurité disponibles, tandis que 38 % estiment qu’elles dépassent les capacités de leurs effectifs. 

Conséquence : une majorité d’entreprises (60 %) signale que leurs équipes peinent à renforcer leurs capacités pour répondre à des besoins croissants et changeants. Pire encore, près d’un tiers (27 %) indique ne pouvoir protéger leur entreprise que de manière réactive, et non proactive.

 « Les résultats du rapport montrent que l’IA transforme le paysage de la cybersécurité plus rapidement que la capacité d’adaptation des équipes de sécurité en matière d’expertise et de gouvernance », confirme Siroui Mushegian, Senior Vice President and Chief Information Officer de Barracuda.
Infographie: résultats mondiaux du rapport (et non chiffres propres au Benelux).

Pour la responsable, « les organisations doivent transformer leurs équipes de cybersécurité en combinant la puissance de l’IA et de l’automatisation avec l’expertise humaine, le jugement et la compréhension des enjeux. Nous devons cultiver ces compétences essentielles chez la prochaine génération de professionnels de la cybersécurité, en créant de nouveaux parcours de développement professionnel et des possibilités d’acquérir une expérience pratique. »

 Cette étude confirme les observations réalisées sur le terrain dans le Benelux : « les équipes de cybersécurité ne cherchent pas nécessairement à recruter davantage, mais plutôt à bénéficier d’une meilleure visibilité, d’une automatisation accrue et de processus plus efficaces. L’IA peut contribuer à réduire le flux continu de tâches opérationnelles, permettant ainsi aux équipes de cybersécurité de passer moins de temps à gérer les urgences et de consacrer davantage de temps à la prévention et au renforcement de leur cyberrésilience à long terme. Elles peuvent ainsi accorder plus d’attention à des domaines tels que la sécurité des identités, la conformité, la gouvernance de l’IA, la préparation à la gestion des incidents et la réduction structurelle des risques », confirme Raynaud Schokkenbroek, responsable des architectes de solutions pour l’Europe de l’Ouest chez Barracuda.

 

« Il ne s’agit donc pas de remplacer les collaborateurs, mais d’alléger la charge opérationnelle. L’IA ne résout pas véritablement la pénurie de compétences en cybersécurité, mais elle offre aux organisations la possibilité d’automatiser enfin des tâches qui auraient déjà dû l’être depuis des années. »

 Comment l’IA transforme les métiers de la cybersécurité 

 La plupart des organisations du Benelux (85 %) indique que l’IA a déjà une incidence sur les fonctions de cybersécurité ou sur les effectifs. Plus de la moitié (63 %) ont connu une diminution de leurs effectifs liée à l’IA, qui touche à parts égales les postes de début de carrière et les fonctions plus expérimentées.

Dans le même temps, les organisations continuent de s’appuyer sur l’expertise humaine pour les décisions essentielles. Plus de deux tiers (69 %) utilisent un modèle de décision partagée dans la réponse aux incidents : l’IA assiste les investigations et l’analyse, tandis que les personnes restent responsables de l’appréciation du contexte, du jugement et des décisions finales.

Quelles perspectives pour les carrières en cybersécurité ?

 À mesure que les organisations déploient des outils de sécurité intégrés et que l’IA prend en charge davantage de tâches courantes d’analyse et de réponse, le rôle des spécialistes évolue vers l’analyse des menaces, la gestion des incidents, la supervision de l’automatisation et la gestion des risques pour l’entreprise.

 La moitié des organisations interrogées au Benelux (50 %) déclarent avoir besoin de compétences et d’expertise supplémentaires en matière de réponse aux incidents, de prise de décision sous pression et de gestion des risques. Ces lacunes pourraient s’aggraver si les entreprises automatisent les tâches de niveau débutant sans prévoir de parcours de développement clairs pour les nouveaux professionnels de la cybersécurité.

 Face à la généralisation rapide de la menace IA, la définition même d’un « professionnel senior de la cybersécurité » évolue.

« L’expertise technique reste essentielle, mais elle doit de plus en plus s’accompagner de connaissances en IA et en sécurité des identités, d’une bonne compréhension de la gouvernance et de solides compétences en communication, à mesure que la cybersécurité devient un enjeu pour les dirigeants ». 

Six répondants sur dix (62 %) signalent un besoin de compétences en leadership stratégique de la cybersécurité, notamment en gouvernance de l’IA et dans la traduction des risques techniques pour l’entreprise.

 

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Par Boris Jancen