PHP : la faille qui a ébranlé le monde cyber

La vulnérabilité découverte dans les lignes de codes PHP montre toute l’importance pour les organisations d’être capables de les identifier très rapidement. Maxime Thiebaut, Digital Forensics & Incident Response Expert chez NVISO partage le point de vue de l'entreprise belge du secteur de la sécurité. L'avertissement sera-t-il entendu par la plupart des responsables cyber ?
« La vulnérabilité logicielle de PHP montre à quel point il est important pour les organisations d’être capables d’identifier très rapidement ces défaillances, de savoir où elles se trouvent et comment y réagir », lance Maxime Thiebaut, Digital Forensics & Incident Response Expert chez NVISO, en pleine tempête PHP.
La faille PHP devrait en toute logique amener les entreprises du monde entier à ouvrir grand les yeux sur les dangers cyber. L’expert rappelle toutefois avoir été confronté par le passé à une telle crise cyber avec les vulnérabilités Log4Shell et React2Shell. « Celles-ci avaient également eu un impact considérable ». Mais force est de constater « qu’une nouvelle fois de nombreuses entreprises n’ont toujours pas une bonne visibilité sur ce qui se passe dans leur environnement ».
« Les organisations doivent privilégier l'architecture plutôt que les moteurs d'IA individuels et considérer la gestion, la sécurité et l'utilisation de l'IA comme un tout cohérent.
Alors qu’une telle vision est désormais cruciale, surtout avec l’IA. « Le délai entre l’identification d’une vulnérabilité et son exploitation par des attaquants ne cesse de se raccourcir », poursuit Maxime Thiebaut.
Et d’insister : « un changement de mentalité s’impose de toute urgence au sein des entreprises. On ne peut plus se permettre aujourd’hui de ne pas savoir ce qui s’exécute dans son environnement ni où se situent ses principales dépendances sur le plan technologique ».
Pourquoi chaque entreprise devrait mettre en place sans plus attendre les trois éléments suivants :
-Un programme de gestion des vulnérabilités : pour savoir quels logiciels fonctionnent, où et sous quelle version.
-EASM (External Attack Software Management) : au lieu de « penser » savoir ce qui fonctionne, il faut également examiner son organisation d’un point de vue externe. Cela permet souvent d’identifier d’anciens systèmes qui, autrement, passeraient plus facilement inaperçus.
-Une nomenclature logicielle (Software Bill of Materials) : un inventaire de tous les logiciels et de leurs composants internes. En effet, il arrive souvent que des logiciels fonctionnent au sein des entreprises à leur insu, même de manière indirecte. Or, il est indispensable d’en avoir une visibilité à tout moment.”
« L'IA transforme à la fois le paysage des menaces et la manière dont la sécurité est assurée ». Pour NVISO, il convient d’envisager l'avenir comme un monde où les systèmes agissent de manière autonome sous le contrôle de l'homme. La société propose cette stratégie à de nombreux clients comme l’ESA, l’OTAN, AXA, AG, Bekaert, Credendo Group, Bpost Bank, …

