Cyber-résilience : Les PME belges affichent une vulnérabilité systémique doublée d'un déficit en couverture d'assurance

Les PME belges sont les plus exposées aux conséquences des cyberattaques. Elles affichent également un retard structurel en matière d'investissement et de couverture assurantielle, constate le dernier rapport Cyber Readiness 2026 de Hiscox. Pourtant, une volonté de rattrapage se dessine et marque un tournant stratégique pour les entrepreneurs du pays. Analyse avec Leon Hartog, Directeur Technical Underwriting chez Hiscox Benelux.
Les rapports sur l’état des risques cyber des entreprises en Belgique se suivent et se ressemblent. Dernier en date, le bilan Cyber Readiness 2026 publié par Hiscox.
A la lecture de ce dernier, il apparait que le paysage des risques pour les petites et moyennes entreprises belges a radicalement changé au cours de l'année écoulée. On y apprend en effet que 22 % des PME ont subi au moins une cyberattaque réussie. Autrement dit, le risque n'est plus théorique mais systémique.
Plus inquiétant encore, les entreprises belges touchées subissent en moyenne 59 heures de perturbation opérationnelle, soit le chiffre le plus élevé parmi les dix pays étudiés, loin devant la moyenne internationale de 32 heures.
"la fraude et la criminalité financière constituent désormais l'un des trois risques majeurs pour les PME belges".
Ces interruptions prolongées ont bien évidemment des conséquences humaines. Selon Hiscox, pas moins de 62 % des entreprises victimes rapportent un niveau de stress élevé, des cas de burn-out ou une dégradation marquée de la culture d'entreprise.
La réalité économique est encore plus brutale puisque 35 % des PME ont perdu des opportunités commerciales ou des partenariats, et près d'un tiers (31 %) ont vu leurs projets de croissance freinés.
Pour 41 % des décideurs belges, la fraude et la criminalité financière constituent désormais l'un des trois risques majeurs, une préoccupation nettement plus marquée qu'à l'échelle internationale.
Un sous-investissement en couverture de cyberassurance
Le rapport met en lumière une situation irrationnelle de la part des PME belges. En effet, le taux de couverture par une cyberassurance est le plus bas des dix pays étudiés (55 %, contre 64 % au niveau international). Ce déficit de protection s'accompagne d'un investissement annuel moyen dans la cyberrésilience relativement faible (34.600 $, contre 50.800 $ en moyenne internationale).

Mais la dynamique est en train de changer. Le rapport montre que notre pays affiche une intention d'achat de cyberassurances la plus élevée au monde : 42 % des entreprises non assurées prévoient de souscrire une police d'ici un an.
Comme le souligne Leon Hartog, Directeur Technical Underwriting chez Hiscox Benelux, « la Belgique se trouve à un tournant. La question cruciale pour les dirigeants est désormais de savoir si cette intention se traduira par des actions concrètes avant qu'un incident majeur ne les y contraigne ».
Les PME belges doucement sur la bonne voie
Pour éviter de subir les conséquences d'une cyberattaque, les PME belges doivent impérativement passer d'une posture réactive à une stratégie proactive. Le rapport Hiscox et les tendances actuelles du marché suggèrent plusieurs axes prioritaires. Avant toute chose, il est désormais crucial de prioriser l'humain et la formation, car le facteur humain reste le maillon faible. Avec 42 % des PME belges prévoyant de renforcer leurs sessions de sensibilisation, il est essentiel d'intégrer la culture cyber dans le quotidien des employés pour contrer les techniques d'ingénierie sociale et les fraudes financières.

Parallèlement, les entreprises doivent anticiper les risques liés à l'IA, une menace émergente que 28 % des décideurs classent déjà parmi leurs priorités. Cela implique non seulement de former le personnel, mais aussi de vérifier scrupuleusement si les polices d'assurance couvrent ces nouveaux vecteurs d'attaque, une démarche que 37 % des PME belges ont déjà planifiée.
Enfin, l'assurance ne doit pas être le seul rempart. Les PME doivent allouer des budgets dédiés à la sécurisation technique, notamment la protection des accès et les outils de détection, afin de réduire la durée des interruptions opérationnelles qui reste le point noir des entreprises belges.
« La cyber-résilience ne doit plus être perçue comme une contrainte budgétaire, mais comme un investissement indispensable à la pérennité de l'activité », conclut Leon Hartog, Directeur Technical Underwriting chez Hiscox Benelux.
Le rapport complet est téléchargeable ici : https://www.hiscox.be/sites/be/files/2026-09/Hiscox%20Cyber%20Readiness%20Report%202026.pdf
